Quel plaisir de découvrir dès son ouverture l’exposition « Visages d’artistes » au Petit Palais ! Je n’avais pas spécialement entendu parler de cette exposition que j’ai découvert un peu par hasard en regardant le programme des grands lieux parisiens. Et bien, je n’ai pas été déçue ! Dans cet accrochage consacré à l’autoportrait et au portrait d’artiste, j’ai retrouvé certaines de mes artistes femmes contemporaines préférées : Nan Goldin, Cindy Sherman, Annette Messager, Françoise Petrovitch, Nathanaëlle Herbelin et Apolonia Sokol.



Parmi les œuvres plus anciennes, j’ai eu un coup de cœur pour un très beau pastel de Gauguin, « Le Sculpteur Aubé et son fils, Émile », datant de 1882. C’est dans ces moments qu’on comprend tout l’intérêt de voir les œuvres EN VRAI. En s’approchant du tableau, on ressent toute la douceur du pastel, velouté et lumineux.


Apolonia Sokol présente « Stamina », un triptyque monumental qui prend place dans les collections permanentes du Petit Palais (gratuites!). Elle interprète « Le Sommeil » de Gustave Courbet, en mettant en scène ses assistantes dans l’atelier. Une façon engagée et politique de mettre en lumière ces femmes qu’on ne voit pas toujours. L’atelier est également le décor de l’autoportrait réalisé par Nathanaëlle Herbelin, intitulé « Manifestation pour une deuxième grossesse ». L’artiste s’y représente enceinte, avec sa première fille. Héritière des Nabis, elle privilégie dans son travail les aplats de couleurs douces et les scènes d’intérieur. Cette intimité frontale avec la femme artiste ET mère fait du bien à voir. Ce genre de représentation nous a trop souvent été confisqué par le passé.



Dans les collections permanentes, on retrouve également Françoise Pétrovitch qui dialogue avec les « Baigneuses à Perros-Guirec » de Maurice Denis. Les couleurs pures, ocres, bleus et oranges, créent un tableau lumineux et vibrant qui là encore fait hommage aux Nabis dont Maurice Denis était un des membres. Décidemment, je ne me lasse pas de suivre l’évolution de Françoise Pétrovitch qui en quelques traits figure des personnages à la fois très présents et fantomatiques. La simplification de son dessin mêlée à une palette chromatique qui procure l’émotion me parle énormément.
Cette exposition est à voir au Petit Palais à Paris jusqu’au 19 juillet 2026 !
